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LA LAÏCITÉ CONTRE LE SÉPARATISME
La laïcité contre le « séparatisme » ? - 22 février 2020 par Pierre Hayat - Lien vers cet article
Les médias le promettent : le jour du discours mémorable de Macron sur la laïcité approche1. Contributeurs zélés d’une campagne de « communication en amont », les députés LREM ont commis le 14 janvier des propositions tendant à « recréer l’alliance républicaine des territoires » (sic). Ce rapport a placé en exergue des paroles que le président de la République a prononcées sur RTL le 27 octobre 2019 : « Il y a une lutte essentielle qui est une lutte contre le communautarisme. Le communautarisme, ça n’est pas le terrorisme, mais c’est le fait que dans certains quartiers de la République, dans certains endroits de notre République, il y a un certain séparatisme qui s’est installé, c’est-à-dire la volonté de ne plus vivre ensemble, de ne plus être dans la République… » Que penser de cet usage inattendu du mot « séparatisme », convoqué par Emmanuel Macron pour recadrer le combat contemporain de la laïcité contre le « communautarisme » ?
On notera d’abord que les laïques n’ont pas attendu cette déclaration du président de la République pour découvrir que le communautarisme ne se réduisait pas au terrorisme, même si le second ne se comprend pas sans le premier. Le terme « communautarisme » rend compte aujourd’hui d’une tendance réactionnaire à la fragmentation de la société laïque en groupements repliés sur eux-mêmes. Au nom d’une religion, d’une origine ethnique ou ancestrale, l’idéologie communautariste ignore les lois républicaines et l’universalité humaine fondatrice des droits de l’homme. Elle se réclame de la pluralité sociale pour la détourner au profit d’une représentation identitaire, liberticide et inégalitaire, des rapports humains. D’un anti-universalisme décomplexé, l’idéologie communautariste accompagne une vision du monde liquidatrice de l’humanisme émancipateur hérité des Lumières. Le communautarisme est d’ores et déjà parvenu à sévir dans des « territoires perdus de la République », par l’emprise qu’il exerce sur des personnes, des familles et des quartiers.
On peut ainsi estimer que le communautarisme installe effectivement une « séparation » entre sociétés closes, indifférentes ou hostiles à une vie commune libre et pacifique. Ce « séparatisme » n’est pas seulement territorial : il se propage comme idéologie globale dans les universités où tentent de s’imposer des discours venus d’outre-Atlantique, intimidants et totalisants, très construits, ethnicistes ou racialistes, de l’entre-soi, parfois de la revanche. À travers l’opposition républicaine au « communautarisme », c’est une idéologie politique, fréquemment mais non exclusivement religieuse, qui est combattue, non la libre expression des communautés présentes dans une société laïque. De ce point de vue, le mot « séparatisme » ne dit rien de plus que le mot « communautarisme », pour qualifier ce phénomène qui menace la République laïque et mine les mouvements sociaux.
Quel est donc l’intérêt intellectuel et pédagogique à présenter la lutte contre le communautarisme comme une lutte contre « un certain séparatisme » ? On pourrait penser aux départements français où s’imposent des régimes dérogatoires à la loi de 1905, qui contreviennent à l’indivisibilité de la République. On songe aussi à la loi du 31 décembre 1959 qui accorde un statut dérogatoire aux établissements scolaires religieux. Mais on ne trouve évidemment aucune opposition de cet ordre dans le rapport des députés marcheurs.
Pour essayer de comprendre cette critique baroque du « séparatisme » de la part des macronistes, on peut en revanche regarder du côté de sociologues complaisants avec l’idéologie communautariste. À la suite de Jean Baubérot, Philippe Portier parle doctement de « laïcité séparatiste », par référence à la loi du 9 décembre 1905 portant séparation des Églises et de l’État. Dans L’État et les religions en France, Portier oppose la « laïcité séparatiste » (en réalité : la laïcité) à une laïcité « partenariale » ou « coopérationniste », qui est une version adaptée à la mondialisation contemporaine du régime concordataire de 1801. De leur côté, les députés macronistes avancent dans leur rapport des préconisations allant dans le sens d’un « partenariat » concordataire entre l’État et le culte musulman. Ils complètent en cela le souhait de Macron affirmé devant la Conférence des évêques de France de « réparer » le « lien abîmé » entre l’Église catholique et l’État. La prétendue lutte contre le « séparatisme » cacherait-elle une lutte contre le principe laïque de séparation de l’autorité publique et des associations religieuses, par lequel la République ne reconnaît et ne finance aucun culte ? On jouerait ainsi avec les mots pour mieux brouiller les idées et les projets.
Mais il est une autre façon de saper le principe laïque de séparation. Elle consiste à s’en réclamer, en le privant de ses contenus essentiels, et ainsi, à le rendre inapplicable. L’« Observatoire de la laïcité » excelle en la matière. Lorsque ce premier de cordée institutionnel de la « laïcité ouverte » évoque la neutralité des agents publics, il omet de préciser que la bonne marche des services publics impose des obligations particulières à ses bénéficiaires, appelés à limiter leurs prétentions notamment religieuses. L’Observatoire ignore également que l’école publique a besoin de maintenir en son sein des cadres plus protecteurs et plus exigeants que ceux de l’espace public de la rue, sans lesquels elle ne pourrait remplir sa fonction de transmission des connaissances rationnelles, de formation à l’esprit critique et à la citoyenneté éclairée. Tout comme l’« Observatoire de la laïcité », le rapport des députés marcheurs ignore ces deux exigences élémentaires pour faire vivre la laïcité dans les services publics et à l’école. Ainsi, cette nouvelle « laïcité anti-séparatiste » que Macron s’apprête à promouvoir, ne serait, au bout du compte, qu’une version recyclée de la « laïcité inclusive », qui est elle-même un produit dérivé de la « laïcité ouverte » : d’une laïcité qui n’en est plus une. Tout ça pour ça ?
Mais au sein même du combat laïque, on peut alerter sur l’erreur théorique et politique d’une autre séparation, qui consiste, celle-là, à disjoindre les enjeux laïques et les enjeux sociaux. La persistance d’une laïcité de surplomb, qui s’en tient à l’affirmation performative du principe de laïcité, estimant que ce qui se passe dans la société n’est guère son affaire, court le risque de l’inefficience ou de l’autoritarisme. À l’inverse, les luttes sociales pour le service public, les régimes de retraite, les droits sociaux, les assurances maladie, se privent souvent du levier intellectuel majeur qui aiderait le mouvement social et syndical à se prémunir durablement de son infiltration mortifère par l’idéologie communautariste, ennemie irréductible des valeurs émancipatrices portées par le mouvement ouvrier des XIXe et XXe siècles.
1 Ndr : Ce texte a été écrit peu avant le discours d’Emmanuel Macron sur le communautarisme et le séparatisme du 18 février à Mulhouse. L’article de Zohra Ramdane « Communautarisme, séparatisme : encore faudra-t-il sortir du flou et de l’ambiguïté ! » a quant a lui été rédigé après le discours.
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Sous la voûte étoilée
- Par mateo2020
- Le 27/02/2020
Parce que j'aime bien ce que vous faîtes, permettez-moi de vous offrir ce poème :
Sous la voûte étoilée,
Quand on lit les journaux,
La vie c’est pas bien beau !,
C’est désordre et souffrance,
Tous les jours, garantis !
Pousse-toi que je m’y mette !
Ici, pas vu, pas pris !
Salut, t’as pas cent balles !
Ce mec, pour qui, il s’prend ,
Casse-toi pauv’con, jt’emmerde !
Prends çà, et tu la fermes !
Faut qu’on se voit, rappelle-moi
J’ai un bon deal pour toi !
Sous la voûte étoilée,
Il y a aussi ceux,
Et bien sûr, toutes celles,
Au spirituel accros,
Bisounours et bobos !
Grave, tu raisonnes profane !
Nous, on est initié(e)s !
Faut pas, on a pas droit !
La mystique avant tout,
C’est bon pour bien penser !
Continuer d’méditer,
C’est un jour espérer !
Sous la voûte étoilée,
Les franmacs c’est du trip !
Nous, on rêve la paix,
L’amour fraternité !
Ca dérape de partout,
Y’a pt’êt quek chose à faire !
Sous la voûte étoilée,
Déjà être exemplaire,
Ce serait pas si mal !
Ouvrir un peu nos loges
Arrêtez d’s’engueuler
Pour des textes dépassés !
Voir la vie telle qu’elle est,
Et non pas mythifiée !
Carburer les méninges,
Ecouter, respecter,
Inventer des projets
Reprendre de la hauteur,
Honorer nos valeurs !
Sous la voûte étoilée,
Le rêve peut exister,
Faut pas désespérer !
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Notre TCF Guy BOUCHON est passé à l'Orient Eternel
- Par mthe
- Le 06/01/2020
Loge d'intiation (1975) : R:.L:. La Régénération - BAR LE DUC
Loge d'activité : R:.L:. EUROPA - STRASBOURG
Passage à l'Orient Éternel le 14 décembre 2019Nous sommes bouleversés par cette disparition. Membre actif du site internet Les Amis Philosophes, c'est plus qu'un franc-maçon qui nous a quittés pour l'Orient Éternel, c'est un véritable ami qui nous a abandonnés pour l'éternité. Guy va nous manquer terriblement...mais aussi sa voix qui, de Strasbourg me saisissait toujours gravement et si tendrement.
Que de paroles bien senties, que d'analyses produites sur les hauts et les bas de notre Institution, que de combats laïques menés ensemble pour tenter désespérément de sauver les hautes valeurs morales et républicaines qui nous soudaient très fortement...
Il y a peu encore, nous déjeunions ensemble et échangions nos analyses avec la fougue qui nous caractérisait alors, comme lorsqu’ensemble nous animions la Commission Régionale de la Laïcité du GODF durant quatre années.
Notre TCF Guy, n'a pas choisi de rejoindre aussi vite l'Orient Éternel car il nous aurait dit, comme à son habitude "Je ne comprends pas" avec sa voix grave...laissant vite place à son humour coutumier et il me reste encore l'éternité plus un jour pour mieux en saisir sa profondeur symbolique. Il voulait sans doute, en chair et en os , mais bien vivant, rencontrer, non pas le Grand Architecte, cher au Pasteur Anderson, non pas l'Être Suprême cher à Auguste Comte, mais le Grand Horloger cher à Voltaire. Mais voilà, à vouloir trop découvrir l'indicible et l'invisible, sa propre "horlogerie" s"est détraquée à jamais...et sa parole s'est perdue en pleine activité au Club Jean Macé de la Ligue de l'Enseignement. Je le soupçonne de nous avoir toutes et tous réunis tant à Strasbourg qu'à Morlaincourt en nous transmettant son don d'ubiquité pour l'accompagner dans son ultime voyage pour atteindre cette Grande Lumière qu'est l'Humanité.
Toutes nos condoléances à son épouse Laurence et à ses enfants.
Michel NICETTE - V:. M:. de la RLER Humanisme et Perspectives
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Déclaration de l'un de ses FF:. du GODF lors de ses obsèques à Morlaincourt (55) :
Au nom de tous ses amis …
Toute la vie de Guy fut embaumée des parfums de l’aveuglant soleil de la connaissance.
La nuit, qui sur lui s’était abattue, il l’avait vaincue ; prenant au mot la réponse d’Andromaque à sa servante, quand cette dernière lui avait demandé :
Comment s’appelle ce moment du jour où le ciel est sale ?
Andromaque lui répondant par ce mot d’espérance : C’est l’aube.
Polymathe – éclectique connaissant – devenu, tu as souvent vox clamentis in deserto :
prêcher dans le désert ( Saint-Jean le Baptiste au solstice d’été) ; sachant que l’on ne parle jamais de nulle part, mais perseverare, jamais tu n’as renoncé.La mort t’a frappé au détour du temps qui passe.
Mais nous savons tous, que seule la perte du souvenir entraine la mort.
Depuis Tacite, et en écho Cocteau, le cœur des vivants est le véritable tombeau des morts ?
Pour beaucoup, souvent devenus ton chien d’aveugle, nous sommes tous orphelins.« Me revient à ma mémoire » douce France, doux pays de Morlaincourt, ces mots de Camus :
SI – si il y a une âme, c’est erreur de croire qu’elle nous est donnée toute créée.
Elle se crée tout au long de la vie.
Vivre, ce n’est rien d’autre, que le long et torturant accouchement.
Quand l’âme est prête, crée par nous et la douleur [Guy a beaucoup donné], voici la mort - la mort , qui est le paroxysme de la vie.Guy a toujours fait ce que dois, advienne que pourra.
Il se dit, on murmure, qu’il est dans l’empyrée – la plus élevée des quatre sphères célestes, séjour des dieux …SP
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Quand le personnel politique français et les islamobéats vont-ils sortir de leur sidération ?
- Par mthe
- Le 30/11/2019
Par Kamel DAOUD - Journaliste au Journal Le Point (publié sur FB par Jean-Pierre Sakoun président du CLR)
Polémiquer sur le voile en sortie scolaire permet d’éviter les questions auxquelles peu répondent :
1• Comment la gauche républicaine et laïque peut-elle défendre le communautarisme ?
2• Pourquoi défend-elle au sein de l’islam le courant prêché et financé par les frères musulmans qui souhaitent pour les musulmans une éducation religieuse morale et politique différente de celle du pays dont ils sont citoyens ?
3• Pourquoi traite-elle différemment l’islam des autres religions desquelles elles exigent une neutralité laïque rigoureuse avec raison ?
4• Pourquoi ignore-t-elle la rudesse de la conquête de la laïcité républicaine à la française ? 15.000 expulsions de religieux français et confiscation des lieux du culte catholique).
5• Pourquoi la gauche ne dénonce-t-elle pas l’instrumentalisation de la laïcité par le RN au lieu d’avoir la fierté de la défendre ?
Quant à la connaissance ou l’expérience de l’Islam par ses « alliés objectifs » elle semble absente. Et l’avis de ceux qui le sont semblent instrumentalisé :
« Il n'y pas d'islamiste modéré. Un islamiste est modéré avant de prendre le pouvoir, jamais après. Un islamiste ne vise pas un mandat mais l'éternité. Il ne veut pas votre voix mais votre conversion. Il ne veut pas construire le pays mais restaurer les premiers temps. Il ne peut pas concevoir la liberté sauf celle de vous imposer sa croyance. Et avec le printemps arabe, on découvre que cette secte, en plus de l'intolérance, vient de découvrir la stratégie de la ruse."Kamel Daoud
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Les trous noirs du social
Maffesoli : les trous noirs du social par ÉRIC VERHAEGHE · 15 AVRIL 2019 (sur le site le Courrier des stratèges)
Michel Maffesoli nous convie à une réflexion sur les trous noirs du social, c’est-à-dire sur les champs de la société française que les élites ne parviennent ni à percevoir, ni à décrypter, ni à comprendre. Au fond, les élites sont coupées de leur réalité ambiante, faute d’une intelligence capable de percevoir la culture populaire.
De nombreux adages, de la sagesse populaire, soulignent que le diable se cache dans les détails. Détails mis en scène. Ce qui est normal dans la société du spectacle. Détails n’en étant pas moins instructifs en ce qu’ils dévoilent ce qui meut, en profondeur, une manière d’être et de penser.
Macron et les faux-monnayeurs
En la matière, le détail, c’est une photo officielle du président de la république, dans laquelle, avec quelque négligence, figure l’œuvre de Gide. Ce qui ne manque pas d’être éclairant quand on sait que l’auteur des Faux monnayeurs joua dans son œuvre et dans sa vie d’une constante simulation.
Le détail d’un livre mis en évidence est, de ce point de vue, un indice on ne peut plus parlant. Indice, index, pointant une vérité de fond : la fraude ontologique d’un monde se prétendant nouveau et n’étant, de fait, que la queue de comète d’un monde en déshérence.
Détail, aussi, que le lapsus d’un homme politique rappelant avec naïveté et suffisance que l’action du gouvernement est incomprise car, « trop subtile et trop intelligente ». La vérité est, on le sait, le dévoilement (a-letheia) de ce qui est plus ou moins bien caché. Là, elle est on ne peut plus évidente : le mépris de la Caste envers ceux qui ne comprennent pas que l’on pense et que l’on agit pour leur bien. Leur ancêtre, Saint Just, ne proclamait-il pas, au beau milieu de la Terreur : « le bonheur une idée neuve en Europe » !
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La civilisation humaine va probablement s’effondrer d’ici 2050
- Par mthe
- Le 10/06/2019
Une analyse australienne bouleversante sur le changement climatique a de mauvaises nouvelles : la civilisation humaine est sur le point de s’effondrer d’ici 2050 si l’on ne s’attaque pas à la menace imminente du changement climatique. L'analyse conclut que le changement climatique est un risque de sécurité nationale actuel et existentiel qui menace l'extinction prématurée de la vie intelligente provenant de la Terre ou la destruction permanente et radicale de son potentiel de développement futur souhaitable.
En d'autres termes, le monde est sur la voie de la fin de la civilisation humaine et de la société moderne telle que nous l'avons connue. […]




