Notre frère Antoine Sfeir a rejoint l'Orient Éternel...

  • Par mthe
  • Le 02/10/2018
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Notre frère Antoine Sfeir a rejoint l'Orient Éternel...

Un article de Jean-Laurent Turbet du 1/10/18

C'est une bien triste nouvelle apprise tôt ce matin.

Antoine SFEIR, le journaliste, le militant, celui qui avait connu l'enfer et qui était le défenseur infatigable de la Liberté nous a quitté cette nuit.

Antoine Sfeir est né le 25 novembre 1948 à Beyrouth. Chrétien maronite Il était un journaliste de talent, reconnu et présent sur nombre de plateaux de télévision pendant des années dès qu’il était question du Moyen-Orient.

La maladie l’avait écarté de la vie publique depuis quelques années.

Directeur emblématique des Cahiers de l'Orient, il présidait également le Centre d'études et de réflexion sur le Proche-Orient (Cerpo) et a enseigné les relations internationales au CELSA. Depuis septembre 2014, il était président de l'ILERI (Institut libre d'étude des relations internationales).

Antoine Sfeir a longtemps été journaliste à l’Orient le Jour dont il a dirigé le service étranger entre 1968 et 1976.

En 1976 il est enlevé par une milice palestinienne aux ordres d’Hafez El Hassad et il est torturé pendant sept jours; baïonnette dans le dos, coups de crosse sur les doigts et dans la mâchoire, ongles arrachés … qui lui laisseront de nombreuses séquelle. Son visage meurtri, portant les stigmates de la torture, était reconnaissable entre tous.

En 1985 il fonde Les Cahiers de l’Orient, revue trimestrielle traitant de l’Islam, du Proche et du Moyen Orient. Indiscutablement son œuvre majeure.

Jusqu'en 1989, il reste journaliste à La Croix et au Pèlerin. C'est également un collaborateur du journal Le Point, du Quotidien de Paris, de L'Événement du jeudi, ainsi que des revues ÉtudesEsprit, Afrique et Asie Moderne et Politique internationale.

Il était bien connu du grand public grâce à ses analyses sur l’Islam et le monde arabe que ce soit à la radio (Europe 1, BFM Business) ou à la télévision (France 24, iTélé, BFM TV) Il est régulièrement l'invité d'Yves Calvi dans l'émission C dans l'air.

La pertinence et la clarté de ses analyses, sa connaissance encyclopédique de la Région en faisaient un commentateur privilégié et important. Sa pensée nous manquera cruellement.

Mais ce que ceux qui l’ont connus – et j’ai eu l’honneur, le bonheur et le plaisir d’être de ceux-là – retiendront en premier c’est sa grande gentillesse, son humanisme et sa fraternité sans faille. Son cœur était généreux et toujours ouvert à ses amis.

Antoine Sfeir était également membre de la Grande Loge de France. Sa fille Marie-José a autorisé à ce que nous parlions de son appartenance à la Franc-Maçonnerie en précisant que « non ce n’est pas un secret et ça fait partie de son humanité ». Ses frères se souviennent en effet d’un maçon particulièrement chaleureux et fraternel. C’est le souvenir que je garde aussi de lui. Notre frère Anthony que j’ai eu ce matin au téléphone et qui connaissait bien Antoine est lui aussi effondré par cette nouvelle, même si nous nous étions peu à peu préparés à cette échéance fatale…

C’est d’Antoine chaleureux et fraternel, à l’intelligence vive, à la connaissance précise et à l’analyse toujours pertinente que nous nous souvenons tous.

Notre frère Antoine Sfeir a en effet été initié le 14 mars 1997 au sein de la loge N°173 « L’espérance fraternelle » de la Grande Loge de France. Il avait également participé à la fondation de la loge « Henri Tort-Nouguès », ainsi qu’à la fondation de la Loge Nationale de Recherche « Marquis de la Fayette » à la demande du Grand Maître de l’époque, Alain-Noël Dubart, 1erVénérable Maître de la Loge.

Antoine a fait sa dernière planche l'année dernière à l'Espérance Fraternelle.

Antoine Sfeir était également membre de la loge de Perfection « La Perfection Latine » (loge à laquelle avait appartenu aussi Pierre Brossolette avant-guerre) de la juridiction du Suprême Conseil de France.

C’est la perte d’un frère exceptionnel que nous pleurons aujourd’hui. Exceptionnel par son intelligence comme par sa gentillesse et sa fraternité.

Gémissons, Gémissons, Gémissons, mais espérons.

Puisse le Grand Architecte l’accueillir avec bonté en cet Éternel Orient qui est notre futur commun.

L’Orient qui a tant compté dans la vie d’Antoine Sfeir…

Jean-Laurent Turbet

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